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Des moments précieux avec ma grand-mère

Des moments précieux avec ma grand-mère - Mélina Corbin

Ma grand-mère est très dynamique. Elle se lève à quatre heures du matin, fait du yoga, mange un bol de céréales, et elle part se promener pendant trois heures. Chaque matin, c’est le même rituel. Je passe la voir l’été pendant une semaine, et je suis son rythme, pour être plus longtemps avec elle. C’est agréable de découvrir la campagne de nuit et de profiter du lever du soleil dans la nature. Ces moments sont intenses, car je sais qu’ils ne durent pas. Quelques jours plus tard, je retourne dans ma ville. J’aime vivre dans mon appartement moderne, décoré de tableaux abstraits cotés et de meubles de designers. L’agitation urbaine me convient, mais les pauses à la campagne me ressourcent.

Et puis, la vie passe vite, et les grands-parents ne sont pas éternels. Lorsque nous nous promenons, ma grand-mère me parle de son enfance. D’autres fois aussi de mon grand-père, ou de ma mère. J’apprends des détails sur la vie de ma famille. Par exemple, la tante Yvette n’a jamais aimé le chou, et pourtant, à chaque réunion de famille, l’oncle Abel en cuisinait une pleine cocotte. Nous rions alors toutes les deux de ces souvenirs si vivants encore dans nos mémoires.

Les petites maladies familiales étaient souvent sujettes à discussion. Je savais que, de mon côté, les femmes avaient toujours eu des problèmes de circulation. Ma mère avait récemment eu un traitement pour ses varices au laser. L’asthme de mon grand-père est un point de discussion que nous abordons régulièrement. C’est un mystère, pour ma grand-mère, car il est le seul de la famille à en avoir. Personne ne lui a jamais dit qu’il fumait en cachette depuis bien longtemps, mais qu’elle était la seule à ne pas le savoir.

Parfois, nous fouillons dans ses armoires. Elle me sort alors des draps anciens, des morceaux de dentelle fins comme une toile d’araignée, des couvertures brodées. Ces vieux objets dégagent une odeur de naphtaline et de cèdre, de poussière et d’humidité. Mais ce parfum leur va bien, il leur est associé, pour moi.

Dans ces moments-là, la phrase préférée de ma grand-mère est : « Garder la mémoire, transmettre ces histoires, même insignifiantes, à nos enfants, puis à nos petits-enfants, tu verras, quand tu seras à ma place, comme c’est important. » Bien sûr, si un jour, j’ai un fils ou une fille, je leur raconterai ces souvenirs, et bien d’autres encore, pour qu’ils connaissent leur propre famille.

 

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Funambule, sur la corde raide, je penchais souvent d’un côté ou de l’autre de la vie. J’ai longtemps eu peur du vide de mon existence, mais maintenant ma voie se trace enfin. Aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. Sur ce blogue, il y aura mes textes de réflexions et mes petits plaisirs à partager !