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Le temps des fleurs

Le temps des fleurs - Mélina Corbin

Je me promenais en cherchant un établissement réputé pour ses plantes de jardin. J’en avais vu la publicité sur un magazine dédié au jardinage que je recevais chaque mois. J’avais déjà essayé de planter ces fleurs, mais leurs feuillages avaient persisté sans aucune manifestation d’un quelconque bouton. J’avais des critères bien précis : mon acquisition devait être parfumée, d’une teinte rose clair mêlée de blanc, et double. Je connaissais la référence exacte que je désirais. J’avais vu chez des voisins la beauté de sa végétation. À la fin du printemps, une floraison généreuse commençait. Elle était courte, mais spectaculaire. Le parfum entêtant des fleurs flottait dans l’air quand j’étais invité dans leur jardin à cette époque de l’année. J’avais très envie de reproduire cette scène chez moi. À l’occasion d’une entrevue pour de l’orthophonie québec, j’en avais profité pour passer voir le stock du commerce spécialisé dans les végétaux d’ornement.

Lorsque j’arrivais dans l’entrée de la boutique, des pivoines et des rosiers étaient exposés. Ils étaient mélangés à d’autres végétaux. Leurs floraisons étaient étalées, m’expliqua la vendeuse. Elle portait des lunettes bleues à strass, ses cheveux roux bouclés flottant autour de sa tête. Le tablier marron qu’elle portait était maculé de terre, tout comme ses gants de jardinage. Une rapide description de mes désirs fut utile, puis elle trouva les plantes qu’il me fallait pour commencer. Car, bien sûr, elle compléta la pivoine ‘Sorbet’ que je venais uniquement chercher au début ; deux rosiers, une sauge sclarée, des campanules rampantes, des géraniums vivaces, j’avais la matière pour créer un nouveau massif fleuri une bonne partie de l’année.

Je revins le coffre plein, heureusement que j’avais pensé à me garer près du magasin. Comme c’était le début de l’après-midi, j’avais le temps de planter ce que je venais d’acheter. Je mis mes gants de jardinage et je m’activais avec ma bêche, ma fourche et ma brouette. J’avais à ma disposition du compost bien mûr pour activer la croissance des végétaux. Tout à mon occupation, je ne vis pas que la pluie arrivait rapidement. De grosses gouttes commencèrent à s’écraser autour de moi. J’avais quand même pris le temps de bien arroser pour tasser la terre et permettre aux plantes de mieux repartir. Des seaux d’eau tombèrent du ciel. Je me repliais dans mon salon, en regardant par la vitre si ce déluge n’endommageait pas mes nouvelles plantations. Le printemps d’après, tout était reparti, et nous avons eu des fleurs pendant toute la belle saison.

 

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Funambule, sur la corde raide, je penchais souvent d’un côté ou de l’autre de la vie. J’ai longtemps eu peur du vide de mon existence, mais maintenant ma voie se trace enfin. Aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. Sur ce blogue, il y aura mes textes de réflexions et mes petits plaisirs à partager !