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Mon monde imaginaire

Mon monde imaginaire - Mélina Corbin

L’imagination me donne des ailes, quand je m’ennuie. Je transforme une banale visite dans un jardin en un monde merveilleux, peuplé de fées et de lutins. Une maison neuve devient un château moyenâgeux. Plus jeune, je passais des heures dans l’encoignure d’une fenêtre, le regard perdu dans le vide. Mes frères ne comprenaient pas mes absences prolongées dans les bois. J’avais un coin secret où je me réfugiais quand j’avais envie d’être seule. Au fond de la propriété, un trou dans une roche m’accueillait. C’était ma caverne. Je gravais des signes géométriques bizarres, de mon invention. Les arbres m’écoutaient et je m’inventais des amitiés avec les animaux qui peuplaient la forêt. J’écrivais des poèmes, je composais des chansons et je fabriquais des objets en bois. Cette enfance parfaite s’est finie, tout doucement, et nous avons déménagé, un matin d’octobre, sous une pluie diluvienne.

J’ai grandi en ville, pendant mon adolescence. Je me suis plus tournée vers les autres, j’ai été bénévole dans des associations pour aider les plus pauvres, j’ai développé mon côté sociable. Malgré tout, mes souvenirs de petite fille me revenaient régulièrement. Un éclat de soleil sur une pelouse, une odeur familière de terre après la pluie ou le goût d’une pâtisserie me transportait dans cette demeure qui avait accueilli mes plus jeunes années. Comme j’ai bien réussi professionnellement, et que j’ai conçu avec un conseiller une planification financière personnelle, qui m’a aidé à faire fructifier ce que je possédais, j’ai réalisé ce projet que j’avais en tête, une idée fixe qui ne me quittait pas depuis mon départ de notre ancienne habitation familiale : je voulais acquérir la maison de mon enfance.

Après quelques recherches, une fois que j’ai réuni une somme d’argent assez élevée, je l’ai vue en ligne, sur un site de courtier en immobilier, une vraie chance s’offrait à moi de concrétiser mes vieux rêves. Je l’ai visitée, par un après-midi ensoleillé de printemps. Peu d’éléments avaient changé. Dans le jardin, j’ai pu retrouver ma grotte et mes inscriptions étaient toujours là. Après une âpre négociation qui s’est déroulée en plusieurs temps, j’ai acheté ma première maison. C’est une expression bien trouvée puisqu’elle désigne le lieu où j’ai habité de ma naissance à la fin de mon enfance et aussi mon investissement dans une maison pour la première fois. Après quelques arrangements pour la mettre au goût du jour, j’ai pu habiter en septembre dans ma maison.

 

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Funambule, sur la corde raide, je penchais souvent d’un côté ou de l’autre de la vie. J’ai longtemps eu peur du vide de mon existence, mais maintenant ma voie se trace enfin. Aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. Sur ce blogue, il y aura mes textes de réflexions et mes petits plaisirs à partager !