• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Un futur grand artiste

Un futur grand artiste - Mélina Corbin

J’aimais particulièrement aller marcher au niveau du Vieux-Port, quand je travaillais à Montréal, particulièrement, l’été. C’est un des rares quartiers de la ville, qui restait vivant tard le soir. J’aimais beaucoup aussi, regarder le fleuve Saint-Laurent pour me vider la tête, pendant les pique-niques que nous faisions sur l’herbe avec quelques collègues. C’était une des particularités de vie que je ne faisais qu’à Montréal. Il m’arrivait même parfois, de préférer, au lieu de dîner avec mes amis, d’aller dans une galerie d’art pour me changer les idées, et attraper ce qu’il y avait de plus vivant dans l’art moderne. Il y a toujours eu un certain plaisir au fond de moi, de me plaire à regarder le toupet des artistes modernes. Je suis toujours dans l’étonnement de voir qu’il n’y a pour certains, à repousser les frontières du politiquement correct de l’esthétisme artistique. Ma surprise est grande lorsque je me rends compte de l’audace de certains artistes qui me révèlent à chaque fois avec effroi la censure que l’on peut se faire soi-même dans notre esprit et au niveau de notre mental. J’espère toujours trouver lorsque je vais dans une de ces galeries d’art moderne l’essence d’une révélation qui me remet en question.

J’allais pour la première fois dans une des galerie d'art Montreal, pour admirer les toiles faites par le fils d’un ancien ami. C’était la première fois que j’avais l’impression d’aller dans une galerie d’art à reculons. Jusqu’à présent, les jugements que je portais sur ce que je voyais, n’appartenaient qu’à ma propre personne. Cela me faisait un peu peur de devoir prendre sur moi, et de me sentir dans l’obligation de donner des appréciations satisfaisantes même si je n’en pensais rien du tout. Et c’était aussi la première fois que j’y allais avec une petite boule dans le ventre comme si j’avais l’appréhension d’une erreur inévitable à venir. Lorsque je rentrais dans la galerie, le père de mon ami venait me chercher immédiatement pour me présenter les toiles de son fils. Il était complètement admiratif face au travail de son rejeton. J’avoue que même si j’ai l’habitude de regarder l’Art moderne avec un certain recul et surtout pour agrandir mon aspiration, je trouvais que le travail du fils soulevait pas mal de questionnement et d’étonnement. J’avais même beaucoup de mal à poser le moindre jugement sur tout ce que je voyais. Il avait vraisemblablement réussi à repousser encore une des limites qui se trouvait dans mon esprit. C’était donc un vrai artiste.

 

The author:

author

Funambule, sur la corde raide, je penchais souvent d’un côté ou de l’autre de la vie. J’ai longtemps eu peur du vide de mon existence, mais maintenant ma voie se trace enfin. Aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. Sur ce blogue, il y aura mes textes de réflexions et mes petits plaisirs à partager !