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Vivre comme on l’entend

Vivre comme on l’entend - Mélina Corbin

Lucie a fait son chemin à travers la vie d’une manière peu conventionnelle. À l'âge de quatorze ans, elle a perdu ses parents et a grandi, soit dans la rue, ou dans des établissements pour les mineurs. Une fois adulte, elle a décidé de prendre sa vie en main. Aujourd’hui, sa famille se compose de son fils Clément, 19 ans et de son fils adoptif Jonathan, 29 ans. En plus de ses deux fils, elle a hérité de l’immeuble de son défunt mari, qu’elle gère et loue à des locataires depuis plus de 17 ans. Elle est aussi connue pour être très connectée à son quartier. Lucie est une sorte de «grand-mère» dans notre quartier. Elle exerce des fonctions semi-publiques et collabore dans de nombreux projets. Elle a une sacrée personnalité ; étonnamment ouverte et généreuse.

Le concept de solidarité est essentiel à la vie de Lucie. « Ma vision de la famille est un grand réseau qui peut s’étendre à la ville » . Le fait d’avoir grandi, marginalisée dans la pauvreté, sans la socialisation classique, Lucie a dû apprendre certains comportements « normaux » aux autres. Par exemple, la façon dont la dynamique de groupe et les rituels sociaux fonctionnent. C’est très important pour elle de comprendre les différents aspects de la pauvreté ; ses choix et expériences et la façon dont elle s’est battue pour sortir de la pauvreté sont des choses respectueuses et Lucie inspire le respect.

Lucie est une personne de convictions, elle m’a dit la chose suivante : « Les gens veulent tellement éradiquer la pauvreté, qu'ils ont tendance à le faire d'une manière très irrespectueuse. On ne peut pas ‘’réparer’’ ou ‘’reformer’’ les gens, à une norme ou une autre classe. Les pauvres ont leur droit à leur propre culture, leurs propres normes et choix » . Pour une personne qui a les moyens de dépenser l’argent sans compter et qui s’offre une augmentation mammaire à $ 7000, on met cette dépense sur le compte l’excentricité. Pour une autre personne de revenue plus modeste qui choisit d’économiser et dépenser  $ 7000  pour une augmentation mammaire, cela revient a de l’irrationnel. Va savoir pourquoi !

Bien sûr, Lucie, comme tous les autres, a le droit de poursuivre le bonheur, de rechercher l'accomplissement tout en profitant des petits plaisirs de la vie. Posséder des choses, ne fait pas de mal en soi. Il faut vivre selon ses règles tout en respectant celles de la société.

 

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Funambule, sur la corde raide, je penchais souvent d’un côté ou de l’autre de la vie. J’ai longtemps eu peur du vide de mon existence, mais maintenant ma voie se trace enfin. Aujourd’hui, j’ai trouvé un sens à ma vie. Sur ce blogue, il y aura mes textes de réflexions et mes petits plaisirs à partager !